PrixW -  LE FORT, vestige archéologique oublié

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 With : Océane Schroeder

Le devoir de mémoire joue un rôle important dans le développement des territoires et des sociétés. Mieux comprendre le passé du fort, c’est favoriser l’enrichissement
économique, culturel et architectural du lieu.


Ce « vestige archéologique », autrefois loué pour le génie de sa conception est aujourd’hui enseveli dans un mutisme brutal : Une présence par l’absence.
A l’inverse des derniers appels à projets urbains qui ont secoués le monde architectural parisien et métropolitain ces cinq dernières années ; le devoir de mémoire, d’échange et de réflexion sur l’histoire ne doit pas se traduire par une intervention venant tutoyer le ciel. Pour soustraire le fort à son anonymat, il faut creuser, fouiller, déterrer, et ainsi engager la renaissance du fort.


Le fort de Villiers a été construit dans le but de se défendre tout en restant caché. Maintenant il doit se révéler, témoigner de son histoire tout en délivrant un futur.
L’histoire s’inverse, d’un équipement construit pour faire fuir, il sera demain centre de convergence : un lieu de conservation et de conversation. Tout est-il permis dans ces lieux de mémoires ? Il est temps de révéler l’identité du fort. Dans une volonté d’éternité, l’histoire du fort continue. Le projet s’attache à sublimer l’architecture du fort, non pas en venant se positionner par dessus mais en lui créant un piédestal. A contre-courant de son temps, le fort de Villiers, descend vers un sous-sol plus vaste et plus riche qui met en valeur les pièces architecturales originelles.


La greffe est telle un socle intemporel abstrait - car l’abstraction résiste au temps-.L’intervention ne vaut qu’au service de cette ambition future. C’est un lieu rayonnant,
en perpétuel mouvement ; une expérience immersive.
C’est un lieu de convergence des flux et activités environnantes : une nouvelle fabrique intuitive de la ville plus ouverte, plus généreuse, plus inclusive, plus à l’écoute des besoins et des attentes des individus.


Au centre, un espace muséal actif, support pour la rencontre, les échanges, les événements sportifs, culturels et aussi les manifestations plus éphémères comme celle qui inaugurera le lancement des JO en 2024. Le fort sera alors un lieu de ressource pour les sportifs venus se préparer, entre entrainement, dépense, réflexion, et concentration.


Une fois ouvert au public, les parcours sont multiples et tournent autour de cet élément central. En développant le lexique architectural des caponnières et du casernement, en le réinterprétant et en le sublimant, 3 pôles interconnectés s’organisent autour de la thématique sportive : le physique, le mental, et la nutrition.


L’expérience est surprenante, elle fait perdre doucement les sens, le temps de descendre les marches et de se retrouver face à une lecture inversée, où le nouveau
est dominé par l’ancien et lui sert de socle.


Un plein qui s’évide, un ancien qui se revitalise, des siècles qui s’embrasse, un corpus qui attendait son spiritus pour s’éveiller : "Le fort de Villiers n’est pas mort, il est juste endormi".

" Le fort de Villiers n'est pas mort, il est juste endormi "