SAILS FOR PEACE - Voiles oniriques

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With : Océane Schroeder & Maria Vittoria Porro

Voiles de paix C’est l’histoire d’un drapeau blanc hissé en haut d’un mât, d’un mariage entre terre et mer, de la rencontre entre un passé militaire, un présent contemplatif et un futur à inventer. Le devoir de mémoire joue un rôle important dans le développement des territoires et des sociétés. Mieux comprendre la batterie militaire de Capo d’Orso, c’est favoriser l’enrichissement culturel, architectural et économique du lieu.

 

Cette architecture oubliée est l’héritage d’un passé belliqueux et douloureux, là où jadis des bateaux se sont échoués, des armées se sont confrontées et des vies ont été ensevelies. Mais c’est aussi le témoin d’un esprit de liberté, d’une volonté d’indépendance face à l’oppression, d’une formidable rencontre des cultures. Capod’Orso c’est également une nature prodigieuse sculptée par les siècles, un paysage à couper le souffle, où la mer se prolonge dans le ciel, où le vent est profond, et où les mots ne sont pas suffisant pour en rendre compte.

 

Les voiles pour la paix naissent de cette volonté d’échange multi-sensoriel entre histoire, paysage, territoire et culture. L’expérience est intense, exaltante et remplie de surprise. La réflexion s’est portée sur ce devoir de mémoire et de regard vers l’avenir. Garder l’identité du lieu, tout en le mettant en valeur et en lui proposant un futur emprunt de paix. Notre proposition réside dans cette approche simple, réduite au minimum, au « rien », pour magnifier l’existant et retrouver la piste d’itinéraires anciens.

 

Le fort se fait port. Bercé par les flots de son histoire, les navires rencontrent la côte et se fondent dans le maquis de la Sardaigne. Tel une forêt, les mâts jaillissent et sculptent une architecture de vent, de mouvement ; de musique aussi avec leurs tintements si particuliers que l’on entend lorsque la brise se lève. Les voiles se hissent, les haubans se tendent et les gréements se gonflent pour offrir protection légère et transparente. Entre intérieur et extérieur, l’architecture de la batterie militaire est révélée.

 

Les mâts, judicieusement disposés, ancrent le projet dans son environnement. Ils permettent également une proposition évolutive et reconfigurable – ils peuvent s’étendre d’avantage sur les flancs du fort où au contraire être repliés pour n’être plus qu’une ligne pointant vers le ciel. Les voiles pour la paix c’est un complément subtil à l’architecture existante ; une itinérance au travers des traditions marines et paysannes, de l’histoire militaire, et d’un futur à battir. Le parcours depuis la ville est pensé pour inviter au voyage et transporter aussi bien les visiteurs que les riverains ou les campeurs dans une expérience surprenante, pleine d’opportunités visuelles olfactives culturelles, gustatives, émotionnelles... L’histoire de la Méditerranée et de l’art militaire est diffuse tout au long du parcours. Dès l’info point on rentre dans l’histoire entre réalité empirique et monde onirique.

 

On largue les amarres. Direction l’ours rocheux et première halte vers l’espace événementiel porteur d’initiatives culturelles diverses et en lien direct avec la ville toute proche. Il pourra aussi bien accueillir des conférences et des expositions temporaires en lien avec le musée, que des fêtes estivales avec ses espaces bar et vestiaires attenants. Les décennies, les siècles, défillent ; c’est l’ascension vers le Fort et passage par le port de plaisance ; confluence de saveurs sardes et profusion de voiliers au mouillage. Les étales naviguent entre de part et d’autres un lieu abrité pour l’exposition permanente et la nouvelle bibliothèque militaire. Culture du passé et évasions actuelles s’entremêlent dans un éloge à la lenteur, à la contemplation et la méditation. En poursuivant jusqu’au portail d’entrée du fort les clés de compréhension et d’interprétation se multiplient. À droite la maison d’hôtes ouvre ses portes pour les plus citadins d’entre nous, et offre un séjour dans l’histoire. Les autres pourront profiter d’une résidence plus diffuse, habiter la Sardaigne sans la dévisager, - à l’abri d’un ponton surélevé ou au plus proche de la nature seulement protégé par une voile -. À gauche, le restaurant, sa vue panoramique et la piscine, offrent un paysage sans cadre, où ciel et terre se confondent, dans un jeu de scintillements et de reflets.

 

Le soir, au coucher du soleil, les voiles se teintes d’or et appellent l’horizon. Le parcours nous mène jusqu’aux temps plus récent de l’histoire militaire et vers les salles dédiées aux expositions temporaires. Dans les murs, porteurs d’un passé sévère, un imaginaire symbole de paix profile avenir - entre hier et demain – l’histoire est rendue vivante. On s’élève alors dans un souffle ultime vers le mémorial, trait d’union entre architecture militaire, culture, histoire, et futur possible. Dans un hommage respectueux aux conquérants d’hier, morts au combat ; et aux oubliés d’aujourd’hui, épris de liberté et en quête d’un avenir meilleur ; le navire–mémorial veille telle une sentinelle dans l’attente de l’aube sur l’horizon. Il parle à l’âme des visiteurs et invite au silence et à la réflexion sur le cheminement aussi bien physique qu’intellectuel que l’on vient de vivre. Point culminant de cette expérience, c’est un message pour une architecture de paix, de célébration, d’éloge de la vie, de futur ré-enchanter.

 

C’est l’histoire d’un drapeau blanc hissé en haut d’un mât, d’un mariage entre terre et mer, de la rencontre entre un passé militaire, un présent contemplatif et un futur à inventer

" La paix est un rêve suspendu " Kofi Annan

 

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